Déclaration de Ouagadougou

 

6 JUILLET 2007 – restaurant Eau Vive

 

Depuis ces cinq dernières années, les accords de partenariats économiques font bouger le monde. En effet, le 23 juin a Cotonou l’UE et les pays d’Afrique, des caraïbes et pacifique ont signé un nouvel accord appelé accord de partenariat ACP-UE. Ce nouvel accord est supposé tirer leçon des différentes conventions de Lomé I a IV bis marquées par une coopération commerciale trop limitée dans ses ambitions, dans son champ d’application et même dans sa perception. L’APE constitue le volet commercial de cet accord de Cotonou.

 

Il représente un véritable défi pour les pays ACP en ce sens qu’a la place des préférences commerciales non réciproques et discriminatoires des conventions de Lomé, l’accord de Cotonou prévoit la négociation et la conclusion au plus tard le 31 décembre 2007, de nouveau arrangements commerciaux compatibles avec les accords de l’OMC.

 

La conclusion des APE signifie que pour maintenir leur accès aux marchés, les ACP devront  ouvrir leur propre marché sur une période de 12 ans.

 

Dans ce contexte, les enjeux de la mise en œuvre des APE sont de parvenir a moyens termes a la pleine réalisation des objectifs désignés pour le bénéfice des deux parties.

 

Cela suppose que l’Afrique de l’Ouest réalise effectivement l’intégration régionale, maîtrise son insertion dans les marchés internationaux, et développe ses activités productives sur l’ensemble de l’espace communautaire dans une perspective de développement durable et de lutte contre la pauvreté.

 

Après analyse, nous participants a l’atelier, constatons que les ape dans leurs formes actuelles, constitueront un frein au développement de nos populations, s’ils étaient signés en l’état.

 

En effet, l’ue demeure le principal partenaire de la région Afrique de l’ouest (33% importations et 29 % exportations – 2002-2004) bien que la part du marché de nos produits soit passé de 6,7 % en 1975 à 1,2% de part de marché de l’ue en 2007.

 

Le bloc Afrique de l’ouest, qui comprend 16 états, dont 12 pma, doit faire face à l’ue, qui comprend 27 états développés. Ce qui veut dire que l’essentiel des efforts de libéralisation et d’ouverture dans le cadre des ape sera fourni par notre région, l’ ue ayant déjà ouvert son marché a près de 97% de nos produits, sans que nous ne parvenions à accéder à ce marché.

 

Toues les études qui ont été menées ont laissé entrevoir d’énormes difficultés pour nos économies fragiles notamment :

 

  • la fragilisation de l’appareil de production du fait de l’ouverture des marchés a la concurrence des entreprises européennes,

  • les produits européennes seront plus compétitifs sur nos marchés

  • L’ue parlera d’une seule voix alors que l’Afrique ira en rang dispersé,

  • La fragilisation des budgets de pays par une perte des recettes fiscales

  • Le risque d’une libéralisation mal maîtrisé

  • La disparition de certaines filières

  • La destruction de notre agriculture et de l’industrie par une concurrence déloyale vis-à-vis des marchés,  

  • Les risques de disparitions de certaines entreprises

  • Des pertes d’emploi et de revenus

  • Le sentiment de liaison forcée de nos états avec l’UE au dépend de l’ouverture vers d’autres régions du monde.

 

En outre, Les politiques de libéralisation en cours ont déjà un impact négatif sur nos productions locales qui n’arrivent pas à concurrencer les produits importés

 

Les APE doivent donc être négociés de manière à minimiser tous ces risques

 

Partant de ces constats, nous participant à l’atelier, convaincus :

 

  • Qu’un développement équitable et durable de tous les peuples, et qu’une répartition équitable des richesses contribue a la paix dans le monde

  • Que ceux qui ont défini ces APE recherche le développement des pays ACP

 

Et :

  • Considérant le retard accuse dans la mise en œuvre du processus, tel que ressorti a la rencontre les experts a Abuja en novembre 2006

  • Considérant la marche forcée des négociateurs en chefs vers la signature effective de l’APE a la date du 31 décembre 2007

  • Considérant que tous les pays membres de l’UE se sont développés en protégeant leur économie et continuent de le faire.

 

Nous participants à l’atelier :

 

  • Rappelons que le jeu de partenariat exclu tout chantage pour la signature d’accords

  • Invitons la société civile à rester vigilante et mobilisée

  • Invitons nos dirigeants à rester fermes et fidèles aux intérêts de leur nation et à défendre les propositions suivantes :

 

    1. Négocier une phase transitoire de cinq ans au cours de laquelle on travaillera à la mise a niveau des économies des pays ACP.

    2. Garantir une croissance fixe, constante et durable de nos économies

    3. Optimiser la compétitivité de nos entreprises

    4. Garantir la création et le développement d’un marché interne, sous régional et régional

    5. Garantir la mise sur pied de structures d’accompagnement, d’apui-conseil et de financement des entreprises de la zone ACP à l’accès facilité

    6. Garantir la mise sur pied de structures d’appui au désenclavement des zones de production agricoles par l’aménagement de voix d’acheminement productives

    7. Garantir la mise sur pied de structures de distribution centralisées des productions nationales, sous régionales et régionales des ACP

    8. Assurer l’organisation d’expositions et de foras pour la promotion des différentes filières agricoles, de l’élevage, artisanales, de la pêche, des transformation semi-industrielles et industrielles

    9. Assurer la sensibilisation et l’information des populations des pays ACP sur les bienfaits des productions locales et le jeu de la concurrence

    10. Assurer des clauses de flexibilité pour garantir les intérêts de nos populations

    11. Assurer et protéger nos produits sensibles qui seront définis par structures compétentes.

    12. Éviter la chute des PIB des états ACP ou adopter des mesurer compensatoires au cas échéant

    13. Prendre en compte les différentiels douaniers pas seulement sur le net des recettes fiscales mais au le volume perçu incluant les exonérations découlant de l’accord en question.

    14. Les produits sensibles seront sujets à une taxation supplémentaire exceptionnelle jusqu’à ce que les subventions des économies européennes soient supprimées vers une économie stable et concurrente. A défaut d’une exclusion des accords

    15. Le pourcentage d’accès au fond de garantie ou de contre partie devra être de 60 % a 70% par appel à proposition.

    16. L’UE devra assurer deux offres d’appel à proposition au moins par an et par zones économiques et cela pour une période fixe de 10 ans

    17. Les produits européens assujetti aux accords sont les seuls acceptés sur le territoire de l’union européenne sur les critères de qualité;

    18. Ces critères qualité devront être certifiées par les services contrôle qualité de l’UE et de la zone CEDEAO.

    19. Les accords ne devront en aucun cas et en aucun moment présenter une exclusivité d’accès des marchés ACP à l’UE. Nous devons rester ouvert aux autres marchés (asiatique, américain, est-européeen, australien, moyen orient etc.) pour justement faire respecter le jeu de concurrence, garant de l’économie de marché.

 

Nous réaffirmons notre engagement à soutenir nos dirigeants pour un bon aboutissement des négociations 

 

 

 

Fait à Ouagadougou le 6 juillet 2007

 

 

 

 

Participants Rencontre d’échange sur les enjeux des accords de partenariat économique entre l’Union Européenne et les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique.

 

 

 

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